Le toit de l’Afrique

Réveil à 23h après une nuit avec très peu de sommeil évidemment. C’est le grand jour! Ou plutôt, la grande nuit. On s’habille chaudement (5 couches en haut, 3 en bas) car « ça caille » d’après Abeid, le guide.

DépartPetit-dej rapide et c’est parti à minuit pour effectuer les 1300m de dénivelé qui nous séparent du sommet du Kilimandjaro, avec pour objectif d’arriver pour le lever du soleil.

Bonne nouvelle : il ne fait pas très froid et on a même rapidement chaud. Nous partons avec Abeid et trois porteurs qui doivent tenter de nous amener au sommet.

Le rythme est excessivement lent et le début d’ascension se fait dans un passage pierreux assez facile. Pour la suite, ce sera du sable et une pente bien raide.
Mais, nous ne nous rendons pas vraiment compte de ce qui nous attend (et heureusement!) et seules les lumières des lampes frontales des groupes partis avant nous permettent d’imaginer le dénivelé à venir.
Étonnamment, nous doublons de nombreux groupes, malgré notre rythme peu soutenu.

Jusqu’à la première pause à 5100m, tout va bien pour moi, le mal de tête léger vient de faire son apparition mais rien de grave.
Ce n’est pas le cas de tout le monde : Sarah est poussée par un porteur, Fabrice vient de vomir et nous ne voyons plus Claudine qui est à l’arrière avec Abeid.

On redémarre, ça se rafraîchit un peu mais surtout les maux de tête et la fatigue compliquent mon ascension. Ça doit se voir un peu puisqu’un des porteurs se propose de porter mon sac : je refuse poliment et recolle aux basques de mon prédécesseur dans la file et me concentre sur ses pas pour ne pas le décrocher.

A la deuxième pause, sur les coups de 3h30, on sent la fatigue s’emparer du groupe, les porteurs nous secouent avec des « no sleep » et se mettent à chanter des chansons à base de Hakuna Matata et Kilimandjaro pour nous tenir éveillés tandis que nous repartons.
La pente s’intensifie sérieusement avant d’atteindre la crête du volcan et les maux de tête et nausées se font plus pressants.

On m’avait bien dit que cette montée se faisait au mental et, en effet, ça fait un moment que le courage a pris le pas sur le physique.
Dans ma tête, je pense à la « malédiction du marathonien » : on nous rabâche partout que des coureurs bien entrainés n’atteignent pas le sommet et tout le monde a des exemples dans son entourage. Pas question de laisser cette légende se vérifier.

A l’arrivée sur la crête à Stella Point (5739m), tout le monde est exténué (à différents niveaux) et les porteurs se relaient pour aider Sarah, Fabrice et Benjamin. Pour ma part, ce n’est pas le top, mais j’ai réussi à tenir le rythme (en même temps, ça ne va pas très vite!) sans avoir besoin de l’aide des porteurs. Malgré tout, c’est très dur.

En pleine forme à Stella Point (5739m)Il ne reste pas grand’chose sur le papier mais il fait toujours nuit, assez froid et les maux de tête liés à l’altitude ne me laissent pas de répit. La fin de l’ascension est difficile pour tout le monde.

Malgré une pause supplémentaire, je décroche légèrement et un porteur vient me donner le bras pour les 5 dernières minutes avant le sommet qu’on aperçoit désormais avec la clarté du jour qui se lève.

A l’arrivée, sur les coups de 6h, je suis épuisé, j’ai atrocement mal au crâne et j’ai les larmes aux yeux tant l’effort à été long et difficile. J’ai du mal à profiter du paysage stupéfiant avec le lever de soleil sur le glacier et le cratère.
Les nausées l’emportent finalement, mais, ça m’est égal puisque je suis arrivé (ça me gêne juste un peu de laisser ma trace au sommet…).

Je fais rapidement la photo de groupe devant le panneau Uhuru Peak 5895m.

Photo de groupe à Uhuru Peak (5895m)Mais je décide de redescendre rapidement pour faire retomber les effets de l’altitude. Je vous gratifie donc de l’ensemble de mes photos prises au sommet, à savoir trois…

Glacier au sommetVue du sommetVue du sommetLa descente pour retourner à Barafu Camp est longue mais superbe. Malgré la fatigue, je garde cette fois-ci la lucidité de faire quelques photos.

Redescente vers Barafu CampRedescente vers Barafu CampVue sur le sommet dans la descentePlus je descends (en enfonçant les talons sur cette piste très sablonneuse) et moins les effets de l’altitude se font sentir, ce qui est agréable et rassurant.

Retour au camp de base à 8h30 pour une sieste de 2h réparatrice.

Barafu Camp (4640m)Après le déjeuner, nous avons encore 1600m et 3h de descente pour rejoindre Mweka Camp (3000m) où nous passerons notre dernière nuit en tente.

Descente vers Mweka Camp (3000m)Descente vers Mweka Camp (3000m)Une journée de marche très longue et assurément inoubliable, tant pour les efforts et la difficulté que pour les paysages du Kilimandjaro !

Le debrief en vidéo :

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